SYLVIE LÉCUYER site de création & de recherche
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mise à jour 15/04/10
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LIRE NERVAL
L'Enterrement de la Quotidienne
Le Cinq mai
Epîtres à Duponchel
Les Bienfaits de l'enseignement mutuel
"Voici trois ans..."
Aurélia, version primitive
La Pandora, Maria-Hilf
Un Roman à faire
Les Nuits d'octobre, chap.VII
La Bibliothèque de mon oncle
Sylvie, chap.IX
Promenades er souvenirs, Juvenilia, Premières années
Aurélia, I, 4
La grand-mère maternelle de Nerval est morte en 1828. Trois ans plus tard, il écrit cette odelette, publiée pour la première fois en 1835 et reprise dans les Petits châteaux de Bohême, où le travail de la mémoire involontaire et les intermittences du coeur n'ont pas dû laisser Proust indifférent.
Voici trois ans qu'est morte ma grand-mère,
- La bonne femme! - et, quand on l'enterra,
Parents, amis, tout le monde pleura
D'une douleur bien vraie et bien amère.
Moi seul j'errais dans la maison, surpris
Plus que chagrin; et comme j'étais proche
De son cercueil, - quelqu'un me fit reproche
De voir cela sans larmes et sans cris.
Douleur bruyante est bien vite passée:
Depuis trois ans, d'autres émotions,
Des biens, des maux, - des révolutions, -
Ont dans les coeurs sa mémoire effacée.
Moi seul j'y songe, et la pleure souvent;
Depuis trois ans par le temps prenant force
Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce,
Son souvenir se creuse plus avant!