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"VOICI TROIS ANS..."

La grand-mère maternelle de Nerval (Marie Victoire Laurent, née Boucher) est morte en 1828. Trois ans plus tard, il écrit cette odelette, publiée pour la première fois en 1835 et reprise dans les Petits châteaux de Bohême, où le travail de la mémoire involontaire et les intermittences du coeur n'ont pas dû laisser Proust indifférent.

 

Voici trois ans qu'est morte ma grand-mère,

- La bonne femme! - et, quand on l'enterra,

Parents, amis, tout le monde pleura

D'une douleur bien vraie et bien amère.

 

Moi seul j'errais dans la maison, surpris

Plus que chagrin; et comme j'étais proche

De son cercueil, - quelqu'un me fit reproche

De voir cela sans larmes et sans cris.

 

Douleur bruyante est bien vite passée:

Depuis trois ans, d'autres émotions,

Des biens, des maux, - des révolutions, -

Ont dans les coeurs sa mémoire effacée.

 

Moi seul j'y songe, et la pleure souvent;

Depuis trois ans par le temps prenant force

Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce,

Son souvenir se creuse plus avant!

SYLVIE LÉCUYER - GÉRARD DE NERVAL - tous droits réservés @

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TEXTES DE NERVAL

L'Enterrement de la Quotidienne

Épîtres à Duponchel

Un Roman à faire

La Bibliothèque de mon oncle

"Voici trois ans..."

Promenades et souvenirs chap. IV et V

Sylvie, chap. IX

Aurélia, I, chap. IV

Aurélia, version primitive

Nuits d'octobre, chap. VII

La Pandora