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SYLVIE LÉCUYER site de création & de recherche

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mise à jour 15/04/10

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repères biographiques

généalogie délirante

"Moi, je descends de Napoléon"

les Labrunie

le Dr Etienne Labrunie

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Pierre Olivier et le clos Nerval

les propriétaires de Mortefontaine

du côté de la rue St-Martin

le Dr Vassal

l'ami Justin Duburgua

les années Charlemagne

premiers cahiers de poésies

auteur à 17 ans chez Ladvocat et Touquet

Barthélemy et Méry

pseudonyme Beuglant

SATIRISTE, ANTICLÉRICAL ET ANTI-ULTRA

Nerval s'est très mal accommodé de la Restauration. Fidèle à la mémoire de Napoléon, l'adolescent ne cache pas ses convictions libérales et anticléricales. Deux courtes pièces dénoncent l’emprise de la Congrégation sur l’opinion par le biais des missions: "Il fait lui-même ses sermons" oppose le bon vieux curé du village "trop débonnaire", au "missionnaire" fanatique parachuté par les Jésuites, avec qui "revient le temps féodal". Le Missionnaire, composé à 13 ans 1/2, décrit le nouveau Tartuffe qu’est le "missionnaire de Saint-François". Nerval ici fourbit ses armes, et c'est un véritable pamphlet qu'en 1826, par la voix de Beuglant, il publiera contre les Jésuites.

Nerval n’est pas plus tendre avec le pouvoir politique. Barthélemy et Méry lui ont soufflé le sujet de la Villéliade (parue en juillet 1825) contre le ministère Villèle, il se rattrape dans un pastiche de l’épopée burlesque de Boileau Le Lutrin, qu'il intitule L'Enterrement de la Quotidienne, dont il dote la page de garde de motifs particulièrement élaborés avec la mention: "Poëme épique orné d'une préface dans le plus nouveau genre, par Gérard L... au collège Charlemagne", mention barrée en 1852 et remplacée par: Par G ......, et dont la préface est déjà un petit chef- d'oeuvre de verve adolescente:" Mon cher lecteur, si j'en ai..."

On demeure stupéfait devant la maîtrise par ce gamin de 16 ans de l'actualité politique et littéraire de son temps. Des plus grands journaux aux plus modestes feuilles de chou, il connaît tout de la presse gouvernementale et d'opposition, des auteurs bien en cour, des querelles académiques. Et avec tout cela, il monte le scénario d'un poème épique en six chants (ce qui représente tout de même 1147 alexandrins) dont l'argument est la tentative, en juin 1824, de rachat par Villèle de La Quotidienne, journal conservateur, tentative qui d'ailleurs échoua. Nerval se sert de l'aventure pour imaginer au chevet de La Quotidienne moribonde l'assemblée affligée ou qui feint de l'être, des petits journaux royalistes et des membres les plus académiques de l'Académie. Portraits charges dignes de Daumier, parfaite assimilation des procédés d'écriture propres à l'épopée d'Homère ou de Virgile, Nerval adolescent a un véritable talent de pasticheur et de satiriste.

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