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SYLVIE LÉCUYER site de création & de recherche
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mise à jour 15/04/10
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"Moi, je descends de Napoléon"
Pierre Olivier et le clos Nerval
les propriétaires de Mortefontaine
1808
Naissance de Gérard Labrunie le 22 mai, 96 rue Saint-Martin à Paris. Il est baptisé le lendemain à Saint-Merri. Son parrain est son grand-oncle Gérard Dublanc, dont la pharmacie est au 98 de la même rue. Sa mère, Marie-Antoinette Marguerite Laurent, est la fille aînée de Marie Marguerite Victoire Boucher et Pierre Charles Laurent, lingers rue Coquillière. Son père, Etienne Labrunie, né à Agen, est médecin. Quinze jours après la naissance de son fils, il reçoit sa nomination de médecin de la Grande Armée pour laquelle il avait postulé le 8 janvier. Il part rejoindre l’Armée du Rhin en juin, avec sa jeune femme. L’enfant a dû être laissé en nourrice en Valois, près de Mortefontaine où vit la famille maternelle Boucher.
1810
Etienne Labrunie a rejoint en avril l’Armée d’Allemagne, en juin il prend la direction de l’hôpital de Glogau en Silésie. C’est là que meurt Mme Labrunie le 29 novembre. Gérard est pris en charge par sa famille de Mortefontaine et vit chez son grand-oncle Antoine Boucher, dont la maison jouxte le domaine de Mortefontaine, acquis en 1798 par Joseph Bonaparte.
1812
Le 10 décembre, durant la campagne de Russie, Etienne Labrunie est blessé à Wilna après le passage de la Bérésina, et fait prisonnier.
1814
Première abdication de Napoléon, licenciement de la Grande Armée en juin. Retour en France du Dr Labrunie en août. Mortefontaine est une première fois dévasté par les Prussiens.
1815
Gérard enfant assiste à la cérémonie du Champ de Mai à Paris le 1er juin. Après les Cent Jours, le domaine et le village de Mortefontaine sont de nouveau pillés et dévastés par les Prussiens. Etienne Labrunie a repris avec lui son fils, et s’est réinstallé à Paris comme médecin, probablement gynécologue, au 96 rue Saint-Martin, à côté de la pharmacie Dublanc, jusqu’en 1821, puis au 72 de la même rue à partir de 1822.
1820
En mai, mort du grand-oncle Antoine Boucher, inhumé à Mortefontaine.
1822
En octobre, première inscription de Gérard au collège Charlemagne, en classe de 3e. Il a pour condisciple Auguste Maquet (futur Augustus Mac Keat, ami du petit Cénacle), Alexandre Pierre Duponchel, à qui sont dédiées deux Epîtres de Gérard, composées en 1824, et surtout Théophile Gautier, de trois ans son cadet.
1824
Gérard est en seconde (il a redoublé la 3e l’année précédente). Il fait figure, parmi les élèves de Charlemagne et de l’atelier de dessin, de poète prodige en lisant les compositions dont il a déjà noirci deux cahiers. Premières inquiétudes aussi du Dr Labrunie, sur l’avenir de son fils qu’il a inscrit à la pension Barbette. Le Bottin la mentionne à partir de l’année 1822, avec cette précision : « école spéciale de mathématiques pour le génie, le commerce et la marine ». Les projets d’avenir du père et du fils diffèrent donc déjà radicalement.
1826
Tout en suivant de façon intermittente les cours du Collège Charlemagne, Gérard devient auteur. En février paraît chez Ladvocat son premier recueil poétique : Napoléon et la France guerrière, Elégies Nationales. En mai c’est chez Touquet qu’il publie deux petits drames satiriques, Monsieur Dentscourt ou le Cuisinier d’un grand homme, tableau politique, à propos de lentilles, par M. Beuglant, poète, ami de Cadet Roussel, auteur de la fameuse complainte sur la mort du droit d’aînesse, et Les Hauts Faits des Jésuites, leurs droits à la reconnaissance des Français, dialogue versifié en manière d’instructions données par le poète Beuglant à son ami Cadet-Roussel, suivi de la doctrine des RR. PP. Affirmation sans ambiguïtés, sous le pseudonyme de Beuglant, de convictions anticléricales et antigouvernementales, dans la droite ligne des satires multipliées alors contre le ministère Villèle par Méry et Barthélemy. En décembre, Touquet publie une autre satire, signée cette fois Gérard, dirigée contre l’Académie, L’Académie ou les membres introuvables.
1827
Gérard compose un début de pièce de théâtre imitée de l’Espagnol Moratín, Le Nouveau genre, ou le Café d’un théâtre, dans laquelle il affirme, comme dans ses Epîtres de 1825 à l’ami Duponchel, son goût classique et son aversion pour la vulgarité du « nouveau genre » (entendons le romantisme). L’ébauche, donnée à son ami Papion du Château, en restera là.
Dans le même temps, Gérard travaille sur le personnage de Faust dans les légendes allemandes, et publie en novembre chez Dondey-Dupré la traduction du premier Faust de Goethe : Faust, tragédie de Goethe, nouvelle traduction en prose et en vers, par Gérard. Grand retentissement. Berlioz se sert de la traduction de Gérard pour ses Huit scènes de Faust dès 1828, puis en 1846 pour La Damnation de Faust.
En juillet, le duc de Bourbon a acquis le domaine de Mortefontaine, qu’il léguera à sa mort en 1830 à sa maîtresse Sophie de Feuchères.
1828
En août, mort de M. Marguerite Victoire Boucher, la grand-mère maternelle de Gérard, qui va par elle découvrir les "intermittences du coeur", en écrivant trois ans plus tard l’odelette : "Voici trois ans qu’est morte ma grand-mère...". Il hérite d’elle pour moitié la terre du clos Nerval, près de Mortefontaine, nom qu’il prendra comme pseudonyme définitif en 1836, après avoir signé d’autres pseudonymes ou de son simple prénom Gérard.
1829
Par le biais des romantiques anglais (Walter Scott et Byron) et allemands (Goethe, Bürger, dont il donne plusieurs traductions de la ballade de Lénore), Gérard se tourne vers le romantisme français et entre dans la cohorte des satellites de Victor Hugo. Il adapte Han d’Islande pour le théâtre (adaptation demeurée manuscrite et jamais jouée). Le premier pas est fait, Gérard est introduit chez Victor Hugo et l’année suivante participera activement à la bataille d’Hernani.
En août, il est reçu au baccalauréat.
1830
En février, Gérard publie ses Poésies allemandes, participe le 25 février à la bataille d’Hernani, et en juillet aux Trois Glorieuses (Le Peuple, et Les Doctrinaires, odes à la gloire des insurgés de juillet). Il publie un Choix de Poésies de Ronsard, du Bellay, Baïf, Belleau, du Bartas, Chassignet, Desportes, Régnier en octobre, dans la même collection que les Poésies allemandes. Il crée le petit Cénacle, avec Gautier et le sculpteur Jean Duseigneur qui ouvre son atelier de la rue de Vaugirard aux réunions : "Dans une petite chambre qui n’avait pas de sièges pour tous ses hôtes, se réunissaient des jeunes gens véritablement jeunes et différents en cela des jeunes d’aujourd’hui, tous plus ou moins quinquagénaires. Le hamac où le maître du logis faisait la sieste, l’étroite couchette dans laquelle l’aurore le surprenait souvent à la dernière page d’un volume de vers, suppléaient à l’insuffisance des commodités de la conversation. On n’en parlait que mieux debout et les gestes de l’orateur ou du déclamateur ne s’en développaient que plus amplement. Par exemple, il ne fallait pas faire trop les grands bras, de peur de se heurter le poing à la pente du lambris." (Th. Gautier, Histoire du romantisme). C’est l’époque des "excentriques", Auguste Mac Keat (Auguste Maquet), Philothée O’Neddy (Théophile Dondey), Joseph Bouchardy, Pétrus Borel et des Contes du Bousingo.
1831
Gérard se passionne pour le théâtre. Plusieurs pièces, proposées à la lecture ou reçues mais non jouées à l’Odéon ou à la Comédie Française : Lara, sujet tiré de Byron, La Dame de Carouges, en collaboration avec Gautier, Laforêt, qui mettait en scène Molière et sa servante, Tartufe chez Molière, Le Prince des sots, "une imitation des plus spirituelles et des mieux réussies des grandes Dyableries du Moyen Age", dit Gautier. De tout cela, il ne reste rien aujourd’hui, que quelques scènes de Nicolas Flamel, parues en juin - juillet au Mercure de France. Court séjour à la prison de Sainte-Pélagie, sans doute en novembre, pour tapage nocturne (odelette, Cour de prison, en décembre 1831, au Cabinet de lecture).
1832
En février, nouvel emprisonnement à Sainte-Pélagie.
En septembre, publication de La Main de gloire, histoire macaronique, contribution de Gérard aux Contes du Bousingo du petit Cénacle, qui sera repris en décembre 1852 dans le recueil Contes et facéties.
1834
En janvier, mort de Pierre Charles Laurent, le grand-père maternel de Gérard, qui hérite d’une somme de 30 000 francs environ. Installation au 3, rue du Doyenné avec Camille Rogier et Arsène Houssaye. Gautier habite dans l’impasse, à deux pas. Années heureuses : "Nous habitions alors impasse du Doyenné. Camille Rogier avait un appartement assez vaste, dans une vieille maison tout près d’une église en ruine, dont un reste de voûte faisait un assez bel effet au clair de lune, et dont les fenêtres donnaient sur des terrains vagues encombrés de pierres de taille entre lesquelles verdissaient les orties, et que la galerie du Louvre baignait de son ombre froide. Arsène Houssaye et Gérard demeuraient avec Camille et faisaient ménage commun. Nous occupions tout seul, dans la même rue, un petit logement où nous ne rentrions guère que la nuit, car nous passions les journées avec les camarades dans le grand salon de Rogier, vaste pièce aux boiseries tarabiscotées et ornées de rocaille, aux glaces d’un cristal louche surmontées d’impostes, aux étroites fenêtres vitrées de petits carreaux à la mode de l’autre siècle. Comme une ombre des marquises d’autrefois, errait dans ce logis fantastique, avec un œil de poudre sur ses blonds cheveux et une rose pompon à la main, cette jolie et délicate Cydalise, pastel sans cadre que devait effacer, au sortir du bal, un aigre souffle de bise." (Gautier, Histoire du romantisme).
Gérard a fait la connaissance de Dumas avec qui il forme le projet d’une Reine de Saba, dont Meyerbeer ferait la musique, projet qui n’aboutit pas.
Il profite de sa fortune toute neuve pour faire un voyage dans le sud de la France et en Italie, jusqu’à Naples. Au retour, il passe par Agen, ville natale de son père.
1835
Gérard fonde avec Bouchardy, l’ami du petit Cénacle, une revue de luxe consacrée au théâtre, Le Monde dramatique, qui le ruine en un peu moins d’un an et le laisse endetté.
Il est tombé amoureux de Jenny Colon, actrice et chanteuse: "Il se plaisait à disposer sa vie comme un drame ; il provoquait les aventures, arrangeait les situations, se passionnait pour l’héroïne, déployait beaucoup de ressources et d’éloquence, et au dénouement il s’esquivait, soit timidité, soit lassitude ou crainte vague de voir son désir accompli. Sans posséder l’objet aimé, il avait obtenu ce qu’il cherchait, l’émotion, l’enthousiasme, le déplacement du but de l’existence, et surtout un motif de rêverie amoureuse." (Gautier, Histoire du romantisme)
1836
Juin, Le Monde dramatique est déclaré en faillite.
Juillet à septembre, voyage en Belgique avec Gautier. Gérard est malade, atteint pour le première fois de "fièvre". Il signe du nom de Gérard de Nerval dans Le Figaro d’Alphonse Karr.
Alphonse Karr raconte une séance de haschich dans l’Île Saint-Louis, à laquelle il aurait participé en compagnie de Gautier, Nerval et du peintre Boissard.
1837
Octobre, première de Piquillo à l’Opéra-Comique, livret en collaboration avec Dumas, musique de Monpou, avec Jenny Colon.
1838
Août – septembre, voyage en Allemagne. Nerval s'arrête à Strasbourg et à Bade, puis rejoint Dumas à Francfort, à la recherche d’une idée de drame en collaboration. Il publie dès octobre ses impressions de voyage en plusieurs articles dans Le Messager, repris en 1852 dans Lorely.
1839
En avril, double première au théâtre, L’Alchimiste le 10, au théâtre de la Renaissance, et Léo Burckart le 16, au théâtre de la Porte-Saint-Martin.
Projet de drame inspiré par le séjour en Allemagne, La Forêt noire. Nerval donne son manuscrit à son ami Monselet qui le publiera en 1866.
En septembre, publication dans La Presse de la Biographie singulière de Raoul Spifame, seigneur des Granges, repris dans Les Illuminés en 1852.
Fin octobre, Nerval part pour Vienne où il séjourne jusqu’en mars 1840, visite Schönbrunn, fréquente l’ambassade de France où il rencontre Marie Pleyel. De Vienne, Nerval envoie une longue lettre de justification de sa carrière littéraire à son père.
1840
Plusieurs articles d’impressions du séjour en Allemagne et en Autriche, pour La Presse, de janvier à juin 1840, et Les Amours de Vienne à la Revue de Paris en mars 1841, qui trouveront leur place dans l’Introduction au Voyage en Orient en 1851.
Juillet, 3e édition du Faust de Goethe, suivi du Second Faust chez Gosselin.
Octobre à décembre, voyage en Belgique, Anvers, Liège, Bruxelles, où l’on donne le 15 décembre. Piquillo. Nerval y revoit Jenny Colon et Marie Pleyel.
1841
Février, crise nerveuse qui nécessite un internement, rue de Picpus, chez Mme de Sainte-Colombe, puis à Montmartre chez le docteur Esprit Blanche (mars à novembre). Nerval compose six sonnets, dits "Dumesnil de Gramont" et sa "généalogie délirante". Le 1er mars, Janin publie au Journal des débats "l’épitaphe" de l’esprit de son ami.
1842
Jenny Colon meurt en juin. Rêverie de Charles VI à La Sylphide: "...Et viens à moi, mon fils, et n'attends pas la NUIT"
Le 22 décembre, Nerval part pour l’Orient , laissant à la rédaction de La Sylphide Un Roman à faire, à paraître en décembre, et Jemmy O’Dougherty, qui paraîtra en mars 1843 et sera repris dans Les Filles du feu en janvier 1854.
1843
Nerval s’embarque à Marseille à bord du Mentor le 1er janvier, en compagnie de Joseph de Fonfride. Il est à Malte le 8, fait escale à Syra, à Alexandrie le 16, au Caire début février jusqu’à début mai. Damiette, les côtes de la Syrie sur le Santa-Barbara, Beyrouth, le Liban. Il arrive à Constantinople en juillet, retrouve Camille Rogier et y attend la fin du ramadan. En octobre, il assiste aux fêtes du Baïram. Il se rembarque pour Malte et arrive fin novembre à Naples, où il voit la Judith d'Artémisia Gentileschi (qui passe alors pour un Caravage), visite Pompéi et Herculanum, et débarque enfin à Marseille le 23 décembre.
1844
Retour à Paris en janvier. Dès février commence à paraître en articles le récit du voyage en Orient dans L’Artiste, le journal de son ami Arsène Houssaye avec qui Nerval fait en septembre un voyage en Belgique et en Hollande.
Mars, publication dans L’Artiste du Roman tragique, qui sera repris dans la Préface des Filles du feu en 1854, et des cinq sonnets du Christ aux oliviers.
1845
Mars, Pensée antique, sonnet (qui prendra le titre de Vers dorés dans Les Chimères), dans L’Artiste.
Avril, Nerval donne en préface à l’édition du Diable amoureux, roman fantastique, par J. Cazotte une étude sur Cazotte qu’il reprendra en volume dans Les Illuminés en 1852.
Novembre, publication du Temple d’Isis, Souvenir de Pompéi, dans La Phalange, repris sous le titre d’Isis dans Les Filles du feu.
Décembre, Vers dorés, sonnet (qui prendra le titre de Delfica dans Les Chimères), dans L’Artiste.
1846
Les Femmes du Caire, Scènes de la vie égyptienne en feuilleton dans la Revue des deux mondes.
1847
De février à octobre, la Revue des deux mondes publie la série d’articles sur la partie libanaise du voyage en Orient, Les Maronites, Les Druses, Les Akkals.
1848
En février, parution en volume des Scènes de la vie orientales, les Femmes du Caire chez Sartorius, qui imprime aussi le second volume Scènes de la vie orientale, les Femmes du Liban, sans pouvoir le publier, du fait de la révolution. Cette deuxième partie ne paraîtra qu’en 1850.
Les Poésies de Heine pour la Revue des deux mondes.
Alphonse Karr fonde Le Journal, épaulé par Nerval et Félix Tournachon (Nadar) : "Lorsque en 1848, je revins à Paris faire le journal à un sou que j’appelai simplement Le Journal pour lutter contre les élucubrations empoisonnées de Proudhon et de quelques autres, je m’empressai de chercher Gérard, qui, pendant plusieurs mois, m’aida avec assiduité, avec talent et surtout avec affection. Il m’amena Félix Tournachon, si connu depuis sous le nom de Nadar." (A. Karr, Le Livre de bord)
1849
En janvier, La Silhouette publie Al-Kahira, Souvenirs d’Orient en feuilleton. A partir de mars jusqu’en mai, Le Marquis de Fayolle, roman inachevé, en feuilleton dans Le Temps.
Fin mai, court séjour à Londres.
En octobre, Le Diable rouge dans l’Almanach cabalistique pour 1850, biographie de Cagliostro qui sera reprise en 1852 dans Les Illuminés.
1850
De mars à mai, Le National publie en feuilleton Les Nuits du Ramazan.
En mai, première à l’Odéon du Chariot d’enfant, drame inspiré de la littérature indienne, composé en collaboration avec Méry, et dont le demi-échec affecte beaucoup Nerval.
En août et septembre, la Revue des deux mondes publie Les Confidences de Nicolas, biographie de Restif de la Bretonne, repris en 1852 dans Les Illuminés.
D’octobre à décembre, Les Faux-Saulniers, histoire de l’abbé de Bucquoy en feuilleton (26 livraisons), dans Le National. L'histoire d'Angélique de Longueval trouvera place dans Les Filles du feu, celle de l'abbé de Bucquoy dans Les Illuminés.
1851
En juin, édition en deux volumes du Voyage en Orient chez Charpentier.
En novembre, la Revue de Paris publie Les Païens de la République, Quintus Aucler, étude reprise l’année suivante dans Les Illuminés.
En décembre, première au théâtre de la Porte-Saint-Martin de L’Imagier de Harlem, retiré de l’affiche au bout de 27 représentations : "Gérard lut et porta les deux mains à son front, comme pour retenir la raison qui s’échappait. Puis un éclat de rire nerveux contracta son visage, mais les yeux gardaient une tristesse sombre et se mouillèrent de pleurs" (Joseph Méry, Les Uns et les autres).
1852
23 janvier, Nerval est interné à la maison de santé Dubois, rue du Faubourg- Saint-Denis jusqu’au 15 février.
En mai, voyage en Belgique et en Hollande, publication en volume des Illuminés chez Lecou.
En juin, publication en volume chez Giraud de Lorely, Souvenirs d’Allemagne, avec une préface à Jules Janin rappelant l’article de 1841 au Journal des débats.
Juillet, début de La Bohême galante en feuilleton pour L’Artiste, à la demande d’Arsène Houssaye (jusqu’en décembre).
Excursions dans les environs de Paris et en Valois avec Georges Bell durant l’été et l’automne : "Sa pensée allait sans cesse chercher dans les années antérieures des bonheurs évanouis. Il vivait comme dans un rêve perpétuel, au milieu de fantômes et de chimères qui lui plaisaient d’autant plus qu’ils revêtaient des formes plus idéales. J’étais devenu son confident... J’entrepris de le guérir, et, comme la belle saison était revenue, nous nous mîmes à faire de longues promenades, qui parfois duraient plusieurs jours, dans les environs de Paris." (G. Bell, Etudes contemporaines, Gérard de Nerval).
D’octobre à novembre, L’Illustration publie Les Nuits d’octobre en cinq livraisons.
Décembre, publication des Contes et Facéties en volume chez Giraud.
1853
Janvier, publication des Petits Châteaux de Bohême chez Didier.
En février-mars, nouvel internement à la maison de santé Dubois.
En août, la Revue des deux mondes publie Sylvie, Souvenirs du Valois.
Internement le 25 août à la Charité, puis le 27 chez le docteur Emile Blanche (fils d’Esprit Blanche) à Passy. En octobre, on y installe son mobilier. En novembre, Nerval y compose La Pandora, El Desdichado, Artémis (manuscrits à l’encre rouge), et les premiers fragments d’Aurélia.
En décembre, Dumas publie dans son journal Le Mousquetaire un article sur Nerval incluant El Desdichado, puis sa nouvelle, Octavie (reprise dans Les Filles du feu).
1854
Janvier, publication en volume des Filles du feu, avec une préface à Alexandre Dumas, chez Giraud.
27 mai, sortie de la clinique du Dr Blanche.
Juin-juillet, voyage en Allemagne. C’est à Strasbourg que Nerval prend connaissance de la biographie que Mirecourt vient de publier sur lui : "Il était à Strasbourg, en 1854, quand parut sa biographie par Eugène de Mirecourt. Elle lui fut communiquée par un bibliophile, M. Ch. Mehl ; il la lui rendit le lendemain, couverte de croquis et d’hiéroglyphes..." (M. Tourneux, L’Age du romantisme)
Début août, Nerval est de nouveau interné chez le Dr Blanche, et n’en sortira en octobre que sur l’intervention de la Société des gens de Lettres et de sa tante Jeanne Lamaure qui accepte de l’héberger.
En octobre, Le Mousquetaire publie (mal) la première partie de Pandora. Nerval s’en plaint à Dumas. La suite de Pandora ne sera pas publiée du vivant de Nerval.
30 décembre, première livraison de Promenades et souvenirs dans L’Illustration.
1855
1er janvier, publication de la première partie d’Aurélia ou le Rêve et la vie dans la Revue de Paris.
6 janvier, deuxième partie de Promenades et souvenirs dans L’Illustration.
Au petit matin du 26 janvier, Nerval est retrouvé pendu rue de la Vieille-Lanterne à Paris : "Libre comme l’hirondelle, le pauvre Nerval sentait sourdement qu’il ne pourrait bientôt plus l’être. Il faut la jeunesse en sa vigueur première à l’existence du bohème. Vieilli avant l’âge, vieux de corps, usé jusqu’au cerveau, pour en avoir abusé en grand enfant de poète assoiffé d’infini, G. de N. pressentait d’instinct que ce corps allait devenir un boulet, ce cerveau une prison." (Rioux de Maillou, Souvenirs des autres)
30 janvier, cérémonie à Notre-Dame et enterrement au Père-Lachaise, aux frais de la Société des gens de lettres.
15 février, publication de la deuxième partie d’Aurélia dans la Revue de Paris, sur des épreuves revues par Nerval.
1859
Juin, mort d’Etienne Labrunie.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
le chevet de l'église Saint-Merri, rue Brisemiche et le plan du quartier des Lombards, où est né Nerval
ce qui restait vers 1910 de la maison de l'oncle Boucher à Mortefontaine
le château de Mortefontaine tel que l'a connu Nerval
le collège Charlemagne tel que l'a connu Nerval
1824, premiers manuscrits, dessins de la main de Nerval
manuscrit autographe des Elégies de Napoléon et la France guerrière
1826, premières publications chez Ladvocat et Touquet
1827, manuscrit autographe du Nouveau genre
1827, édition de Faust
plan du clos de Nerval à Mortefontaine, dont Nerval hérite de sa grand-mère maternelle et dont il ne se séparera jamais
1829, manuscrit autographe de Han d'Islande
février 1830, la bataille d'Hernani
portrait de Gérard Labrunie par Jean Duseigneur en 1831
la cour de la prison Sainte-Pélagie en 1831
le Doyenné, dans l'actuelle cour du Louvre
la Cydalise, aimée de Rogier et Gautier: "Où sont nos amoureuses? / Elles sont au tombeau..."
Le Monde dramatique, couverture illustrée par Célestin Nanteuil
Jenny Colon (1808-1842)
lettre du peintre Boissard à Gautier (1845): "Mon cher Théophile, il se prend du haschich chez moi lundi prochain 3 novembre, sous les auspices de Moreau". Boissard habitait l'hôtel Pimodan. Moreau de Tours est un médecin aliéniste.
1838, Dumas à l'époque du voyage en Allemagne (caricature de Maurice Sand)
1838, lettre envoyée par Nerval de Baden à Dumas
1839, manuscrit de Léo Burckart
Marie Pleyel et l'archiduchesse Sophie autour desquelles se cristallise la rêverie des Amours de Vienne, et plus tard de Pandora
1841, manuscrit autographe de six sonnets dits "Dumesnil de Gramont", envoyés par Nerval à "Muffe", peut-être Gautier
feuillet autographe récapitulatif de sa généalogie établie par Nerval, contemporain de la crise de 1841
Jules Janin à l'époque où il écrivit "l'épitaphe" de l'esprit de son ami
1842, manuscrit autographe de la Rêverie de Charles VI
page du Carnet de voyage, sans doute un plan de Caire
Camille Rogier dans son atelier à Constinople
l'Arc de Constantin à Rome et une rue de Pompéi, tels que Nerval les a vus en 1843(daguerréotypes)
Naples (la baie et le Pausilippe) qui inspirera à Nerval Le Temple d'Isis et Octavie
1848, édition des Scènes de la vie orientale, les Femmes du Caire, sur fond des journées d'émeutes de février
le poète Henri Heine et son épouse Mathilde: "Vous avez des yeux noirs et vous êtes si belle..."
1848, Alphonse Karr fonde Le Journal (caricature de Nadar)
Nadar collabore au Journal d'Alphonse Karr
publication du Diable rouge dans l'Almanach cabalistique 1850
travaux de démolitions de la place du Carrousel. Nerval évoque son expulsion de la rue Saint-Thomas-de-Louvre dans les Faux-Saulniers
le théâtre de la Porte-Saint-Martin
le théâtre de la Porte-Saint-Martin
promenades en Valois avec Georges Bell
janvier 1853 - édition des Petits Châteaux de Bohême
la clinique du Dr Blanche à Passy (hôtel de Lamballe)
Emile Blanche
daguerréotype de Legros (1853) et page frontispice de la biographie de Mirecourt annotée par Nerval à Strasbourg: "Cigne allemand feu G.rare"en haut de page, "je suis l'autre" en bas
Nadar prend son ami en photo quelques jours avant sa mort
hiver 1854, le quai du Louvre sous la neige
la rue de la Vieille Lanterne, dessin de Jules de Goncourt au lendemain de la mort de Nerval
documentation: A. Marie, Gérard de Nerval, Paris, 1914, E. Peyrouzet, G. de Nerval inconnu, Corti, 1965, Jean Richer, G. de Nerval, expérience et création, Hachette, 1970, Cl. Pichois et M. Brix, Gérard de Nerval , Fayard, 1995, M. Brix, Dictionnaire Nerval, Du Lérot, 2006, Oeuvres, édition Pléiade 3 volumes, Album Nerval, Gallimard,1993 catalogue exposition B.H.V.P. 1996