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Barthélemy et Méry

pseudonyme Beuglant

 

LES LABRUNIE

 

Les Labrunie sont originaires d'Agen. En février 1776, ils entrent dans la famille Dublanc par le mariage de Joseph Labrunie avec Marie Thérèse Dublanc. Ils sont tous deux originaires d’Agen, paroisse Saint-Hilaire, ils ont tous deux 27 ans. Lui est le fils d’Etienne Labrunie, tapissier à Agen, et de Marie Anne Tabutin. Elle est la fille de Pierre Dublanc, également marchand à Agen, et de Jeanne Roques, tous deux décédés un an avant le mariage de leur fille. Joseph Labrunie est mort en 1782, soit un an après la naissance de son plus jeune fils Jean.

 

Du mariage de Joseph et Marie Thérèse sont nés quatre enfants, Etienne Labrunie, le père de Nerval, en 1776, Marie Anne en 1777, Madeleine en 1780, sans doute morte en bas âge, et Jean Labrunie en 1781, tous quatre à Agen.

 

D’Etienne Labrunie, il sera plus longuement parlé par ailleurs.

 

Marie Anne Labrunie épouse un orfèvre, Joseph Gautié, dont elle a un fils, Etienne Augustin Gautié, pharmacien puis courtier en vins, qui a gardé un souvenir enthousiaste de sa visite à son cousin Gérard au Doyenné en 1832. Durant son internement à Passy, en 1853, Nerval lui écrit le 27 novembre : "Si vous pouviez m’écrire et me donner des nouvelles de notre famille, vous me feriez grand plaisir. M. Blanche, mon excellent médecin, me laisserait peut-être aller passer quelque temps au milieu de vous, car je sens que l’air du pays me ferait grand bien". C’est dire que le côté Labrunie est aussi présent dans le travail de mémoire qu’effectue Nerval à cette époque que le côté maternel. Marie Anne Labrunie est décédée à Port-Sainte-Marie en 1860.

 

Jean Labrunies'engagea comme pharmacien dans les armées révolutionnaires puis impériales comme son frère. Dans sa Généalogie, Nerval le qualifie d’ "officier supérieur". Il a passé quelque temps avec son frère et son neveu à Paris avant de s'installer comme pharmacien à Sainte-Foy où il a épousé en 1816 Jeanne Lamaure, originaire de Blaye, dont il a deux enfants, nés à Sainte-Foy, Zulma en 1817 et Pierre Evariste Labrunie en 1818. Jean Labrunie est mentionné plusieurs fois dans la Généalogie de Nerval: au centre de l’arbre, associé à son frère Etienne. Le nom de son épouse, Lamaure, que Nerval orthographie toujours sans e, est également mentionné : "Lamaur, capitaine de frégate" puis: "alliance avec les Lamaur, famille de Saint-Domingue, fils, fille, à Sainte-Foy près Bergerac", et c'est sans doute sur son nom que Nerval se livre au jeu associatif des sonorités: "maura, mawra, mawra regina, ma ma roÿna"

Après la mort de Jean Labrunie en 1845, Jeanne Lamaure est revenue vivre à Paris, comme son fils Evariste. Dans l’épreuve qu’a constitué pour Nerval son internement forcé, Jeanne Lamaure et son fils semblent être les seuls membres de la famille à l’avoir réellement épaulé. C’est elle qui accepte la responsabilité de céder aux supplications de Nerval et de le faire sortir de la maison de santé de Passy pour le recevoir chez elle 54 rue Rambuteau. Arsène Houssaye dit d’elle en 1875 qu’elle fut pour Nerval "une tante, une femme toute biblique, qui l’adorait et l’appelait son enfant". Le 17 octobre 1854, elle écrit sèchement au docteur Blanche : "Je vous prie de me confier mon neveu, Gérard Labrunie de Nerval. Veuillez avoir l’obligeance de lui dire de se tenir prêt pour jeudi, onze heures. J’irai le chercher", puis le 19 : "Je vous prie de me remettre mon neveu M. Gérard Labrunie de Nerval ; je m’engage à le recevoir chez moi jusqu’à ce qu’il ait trouvé un logement". C’est à elle qu’est adressé le dernier billet de Nerval, le 24 janvier 1855 : "Ma bonne et chère tante, dis à ton fils qu’il ne sait pas que tu es la meilleure des mères et des tantes. Quand j’aurai triomphé de tout, tu auras ta place dans mon Olympe, comme j’ai ma place dans ta maison. Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche."

 

Evariste Labrunie (1818-1881), qui exerce la médecine à Paris, a largement secondé sa mère dans l’affection qu’elle a portée à son neveu. Nerval lui adresse à Passy le 26 novembre 1853 cette lettre qui pose le problème de sa folie "lucide": faire le fou, n'est-ce pas ne pas l'être?: "Mon cher cousin, Je vous ai paru sans doute assez étrange la dernière fois que je vous ai vu. Excusez-moi. Je croyais nécessaire de prendre gaiment ma situation assez pénible, celle de passer pour un fou... Oubliez les trois mois qui viennent de se passer et venez me voir chez M. Blanche, qui, cette fois, je l’espère, me croira digne de serrer la main à mon plus proche parent. Je t’embrasse. Gérard Labrunie". Et de nouveau le 3 décembre, cet appel de détresse : "Mon cher cousin, Vous n’êtes pas revenu me voir ; tâchez donc de prendre un moment. J’ai besoin de vous revoir et de vous prier de faire que M. Blanche prenne confiance en moi. Je voudrais bien voir mon père et lui montrer que ma tranquillité d’esprit est tout à fait revenue... Un peu d’amitié et de bonheur me ferait tant de bien". Le ton est plus apaisé le 23 septembre 1854: "Je vous remercie encore une fois de la visite que vous m’avez faite, il y a deux jours. Que de bonheur j’ai eu à embrasser ma bonne tante et à pouvoir causer avec elle". C’est encore à Evariste Labrunie que le docteur Blanche fait appel, le 11 octobre 1854, quand ses rapports avec son patient sont devenus difficiles: "Mon cher confrère, Votre cousin M. Gérard de Nerval me tourmente beaucoup pour que je lui rende sa liberté. Sachant qu’il n’a aucun asile à Paris, je ne puis pas lui permettre de quitter ma maison avant d’être certain qu’il a au moins une chambre où il dépose ses meubles et où il puisse s’installer... Vous ne devez pas ignorer qu’à l’époque où M. Gérard de Nerval est tombé malade, M. Labrunie, son père, m’a signifié qu’il ne pouvait pas s’occuper de son fils".

A noter que le père de Nerval (décédé le 1er juin 1859) lègue ses biens à sa soeur Marie Anne, veuve de Joseph Gautié, à sa nièce Zulma, épouse Lafargue, mais pas à Evariste.

Agen
fevrier1776
juin1776
juillet1776
decembre1777
janvier1780jpg
mars1781
plandeParis2

Paris, plan du quartier Saint-Merri où Etienne Labrunie est venu s'installer, près de son oncle Gérard Dublanc, rue Saint-Martin.

9 mars 1781 – acte de baptême de Jean Labrunie, fils de Joseph Labrunie, tapissier et de M Th. Dublanc. Son parrain est Jean Moura, confiseur, sa marraine Jeanne Labrunie Moura. L'acte est signé Labrunie père, Moura "parin", Jeanne Labrunie M.(Moura), Madeleine Labrunie, Françoise Macary, Marguerite Rivière. Le nom de Macary, mentionné dans la Généalogie à côté de celui des soeurs de Duburgua, figure donc ici, seul lien, bien mince de parenté entre la famille de Nerval et celle de Justin Duburgua. (Archives du Lot-et-Garonne - Document inédit)

6 janvier 1780 – acte de baptême de Magdeleine Labrunie, fille de Joseph Labrunie, tapissier, et de M Thérèse Dublanc. Son parrain est Gérard Dublanc, apothicaire, son oncle, sa marraine sa tante Madeleine Labrunie. Gérard Dublanc est donc encore à Agen à cette date. Nerval dans sa Généalogie parle de "trois enfants" et ignore donc l'existence de Madeleine sans doute morte en bas âge. (Archives dép. du Lot-et-Garonne - Document inédit)

25 décembre 1777 - acte de baptême de Marie Anne Labrunie, fille de Joseph Labrunie, tapissier, et de Marie Thérèse Dublanc. Son parrain est son oncle Vincent Labrunie, tapissier, sa marraine est sa grand-mère paternelle Marie Anne Tabutin. (Archives dép. du Lot-et-Garonne - Document inédit)

13 juillet 1776 - acte de baptême d’Etienne Labrunie, né le 12, fils de Joseph Labrunie, tapissier et de demoiselle M.Thérèse Dublanc. Son parrain est son grand-père paternel et sa marraine sa grand-mère maternelle Jeanne Roques. Il n'échappe à personne qu'Etienne a été conçu nettement avant le mariage de ses parents. (Archives dép. du Lot-et-Garonne)

25 juin 1776 - acte de mariage de Jean Moura, âgé de 30 ans, confiseur, fils de feu Paul Moura, et Marie Sicard, natifs de la paroisse Duvernet de Coutereigne, diocèse de Pamiers, et habitants depuis plusieurs années de celle de St-Etienne de cette ville, au service de M. l'Evêque, et de demoiselle Jeanne Labrunie, âgée de 19 ans, fille de sieur Etienne Labrunie, tapissier et demoiselle M.Anne Tabutin. (Archives dép. du Lot-et-Garonne - Document inédit)

6 février 1776 - acte de mariage de Joseph Labrunie, tapissier, âgé de 27 ans, fils d'Etienne Labrunie et Marie Anne Tabutin, et de Marie Thérèse Dublanc, âgée de 27 ans, fille de Pierre Dublanc et Jeanne Roques. C'est cette union qui marque pour Nerval l'origine de l'arbre généalogique familial. (Archives dép. du Lot-et-Garonne - Document inédit)

Agen

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