SYLVIE LÉCUYER

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mise à jour: 17/10/09

Les Dublanc

Comme la famille Labrunie, la famille Dublanc est originaire d’Agen, paroisse Saint-Hilaire. C’est là qu’en 1776 Joseph Labrunie épouse Marie Thérèse Dublanc. Née en 1748, baptisée par son oncle Raymond Dublanc, curé de Prayssas, elle est la fille de Pierre Dublanc, tapissier à Agen, et de Jeanne Roques.

Son frère Gérard est de dix ans son cadet. Il quitte Agen vers 1780, vient à Paris, travaille chez un apothicaire dont il rachète le fonds, 98 rue Saint-Martin, en 1792 et s’installe à son compte comme pharmacien. Il épouse en 1789 Augustine Eberl, née à Paris d’un père Pragois et d’une mère Viennoise. Elle lui donnera deux fils, Joseph Gérard, né en 1790, et Jean Baptiste Henri, né en 1795, qui seront tous deux pharmaciens, le second reprenant l’officine paternelle du 98 rue Saint-Martin, tandis que le premier s’installe non loin de là, 137 rue du Temple, dans une officine achetée en 1816 par son père. Gérard Dublanc était franc-maçon, dignitaire de la loge des Sept-Ecossais réunis à laquelle appartient aussi le docteur Pierre Gérard Vassal. Ayant pourvu et marié ses deux fils, Gérard Dublanc se retire en 1818 avec sa femme à Saint-Germain-en-Laye, où il habite 2bis rue de Mantes jusqu’à sa mort en novembre 1829.

Joseph Gérard épouse en 1816 Henriette Paris de Lamaury. Après avoir exercé rue du Temple, il s’établit à Montmorency où il meurt en 1860.

Jean Baptiste Henri, franc-maçon comme son père, à la même loge, épouse en 1818 Madeleine Vassal, la fille du docteur Vassal. Nerval lui écrit le 27 novembre 1853 depuis la maison du docteur Blanche à Passy, dans l’espoir d’obtenir "un peu de liberté". Il meurt en 1864.

La famille Dublanc renvoie donc à l’enfance de Nerval, rue Saint-Martin, et à l’adolescence, époque à laquelle il rend visite à Saint-Germain à la fois au grand-oncle Dublanc et aux Paris de Lamaury, Henriette, épouse de Joseph Gérard Dublanc, et ses lointaines cousines par alliance Justine et Sophie. C’est cette période qui remonte à sa mémoire durant l’internement de 1853 et qui lui fait écrire au docteur Blanche le 25 novembre : "Votre voix a réveillé en moi le souvenir des Dublanc, que j’ai toujours chéris, ainsi que mon oncle, leur père. Je regrette que les circonstances m’aient si longtemps séparé d’eux".

Dans sa Généalogie, Nerval mentionne plusieurs fois les Dublanc : à propos des "terres et seigneurie" de Cazabone, il écrit : "héritages considérables recueillis en partie du côté des Labrunie et en partie plus grande par les Dublanc en raison de leur nombre et d’après les lois révolutionnaires".

Et de nouveau dans l’arbre généalogique, les deux noms de J. Labrunie et Marie Dublanc, en traits plus appuyés, figurent au pied de l’arbre, ainsi que les mentions : "Dublanc propriétaire des Pommerettes en Agenais" et "les Dublancs de Bordeaux".