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SYLVIE LÉCUYER site de création & de recherche

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mise à jour 15/04/10

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repères biographiques

généalogie délirante

"Moi, je descends de Napoléon"

les Labrunie

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du côté de la rue St-Martin

le Dr Vassal

l'ami Justin Duburgua

les années Charlemagne

premiers cahiers de poésies

auteur à 17 ans chez Ladvocat et Touquet

Barthélemy et Méry

pseudonyme Beuglant

LE DOCTEUR VASSAL

 

Nerval n’avait pas encore 10 ans quand son cousin Jean Baptiste Henri Dublanc épousa, le 16 mars 1818, à Paris, Madeleine Vassal, fille du Docteur Pierre Gérard Vassal. Ce mariage occasionna d’abord pour l’enfant un déménagement, le docteur Etienne Labrunie laissant son cabinet du 96 rue Saint-Martin à son confrère le Docteur Vassal, domicilié au 98, pour s’installer lui-même au 72 de la rue Saint-Martin, puis la découverte de ce personnage extraordinaire qu’était le père de Madeleine. Né à Manosque en 1769, Pierre Gérard Vassal s’était, comme Etienne Labrunie, comme Justin Duburgua, engagé dans les armées de la République, puis dans les services de santé de l’armée. Rentré à Paris, il termine ses études de médecine, passe sa thèse et ouvre un cabinet près de la pharmacie de Gérard Dublanc. Comme Gérard Dublanc, le Docteur Vassal est franc-maçon, d’abord à la loge de "la Constance couronnée", à Manosque, puis à Paris à la loge des Sept-Ecossais-Réunis et au Grand Orient, comme Lacépède. Il y est particulièrement actif de 1821 à 1829, atteignant le 33e et dernier degré en 1833. Le 14 novembre 1829, Nerval est invité à prononcer à la loge des Sept-Ecossais réunis dont le Docteur Vassal est vénérable, un discours sur Les Bienfaits de l’enseignement mutuel. Dans un fragment inédit de Promenades et souvenirs, Nerval raconte : "Le bruit de mon succès vint aux oreilles du père d’une de mes jolies cousines, qui était Vénérable d’une loge de Francs-Maçons ; il me demanda un discours que je fus admis à lire en séance générale à la distribution des prix faite aux élèves des écoles mutuelles de Paris. Les maires des douze arrondissements assistaient à cette solennité dont l’effet fut immense".

 

"Bon, d’une inépuisable charité, dévoué aux malades dont jusqu’à son dernier souffle il soulagera les maux, le Docteur Vassal est aussi et surtout un être chimérique. Nul mieux que lui n’a approfondi les mystères des religions anciennes. Contemporain, dans le Paris de la Restauration, des Prêtres de Chaldée, de Ninive ou d’Egypte, il vit dans un passé fabuleux qui l’enveloppe d’une nuée protectrice. Il se nourrit de ces mystères, à ses yeux plus réels que la réalité, ‘cause seul et tout haut au milieu des rues’, tout à ses symboles, à ses mythes, sans souci des passants. Il ne réintègre son époque et son avatar d’humble médecin de quartier, qu’au chevet des malades et des mourants". Tel est le portrait qu’en trace E. Peyrouzet (Gérard de Nerval inconnu, Corti). Autant que la personne du Docteur Vassal, ce sont ses livres qui ont dû passionner Nerval enfant. A deux pas de chez lui, il trouvait cette deuxième bibliothèque offerte à sa curiosité : chez son père, des ouvrages littéraires et scientifiques, chez le Docteur Vassal, des ouvrages de mystique, mythologie, ésotérisme, Sethos de l’abbé Terrasson, la Bibliothèque orientale d’Herbelot, Le Monde primitif de Court de Gebelin... Peyrouzet, encore, imagine l’amicale complicité du savant et de l’enfant : "le Docteur est là qui le regarde par-dessus ses bésicles et l’accueille avec son bon sourire. Dans le jour avare du réduit, l’envoûtement commence..."

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