oeuvres essais poetiques
item1
item6
SYLVIE LÉCUYER - GÉRARD DE

LA CAUSE GRECQUE - IPSARA

Dans son cahier de Posésies diverses, Nerval a consacré un long poème de 23 strophes au martyr de l'île grecque d'Ipsara.

Le 3 juillet 1824, les Turcs massacraient les Grecs derniers défenseurs d’Ipsara, comme ils l’avaient fait deux ans plus tôt à Scio. Byron vient de trouver la mort en avril à Missolonghi... En France, un mouvement philhellénique se développe chez les libéraux, artistes peintres ou écrivains. Dès 1822, Delacroix avait présenté au Salon sa Jeune fille assise dans un cimetière. Au Salon de 1824, il frappe plus fort en présentant son immense toile des Massacres de Scio. En 1826, à la suite du pillage de Missolonghi, la galerie Lebrun à Paris organise une exposition payante au profit des Grecs. Devéria, Vernet, Delacroix y participent, ce dernier avec La Grèce sur les ruines de Missolonghi.

Les écrivains ne sont pas en reste. Les deux oeuvres, de Byron, Le Pèlerinage de Childe Harold et l’Hymne à la Grèce sont traduites en France. Comme Byron, Octave de Malivert, le héros d'Armance de Stendhal, choisit la Grèce pour achever ses jours. Delavigne consacre trois Messéniennes à la cause grecque : Aux Ruines de la Grèce païenne, Tyrtée aux Grecs et L’Épilogue du Livre II, qui est une véritable mise en demeure aux Européens d’intervenir : "À vous, puissans du monde, à vous, rois de la terre, / Qui tenez dans vos mains et la paix et la guerre, / À vous de décider si lassés de souffrir, / Les Grecs ont pris le fer pour vaincre ou pour mourir."

Nerval ne peut pas ne pas avoir eu vent également des deux Chants hellènes d’Alexandre Guiraud parus chez Ladvocat en 1824, dont le premier est intitulé Byron et le second Ipsara. Notons que dans le même temps, Hugo est silencieux sur le sujet, la première Orientale ayant trait à l’oppression grecque, ne date que de 1826, et que Sainte-Beuve se contente de faire paraître dans le Globe en octobre 1824 une courte notice intitulée L’île d’Ipsara qui tient plus du prospectus économico-touristique que de la prise de position politique.

Le poème de Nerval au contraire est nettement engagé, prenant violemment à partie les pouvoirs politiques et religieux incapables de venir au secours des Grecs, citoyens et chrétiens, avant de devenir narratif, mettant dramatiquement en scène la défense et le sacrifice héroïque des habitants d’Ipsara.

Delacroix1
Delacroix4

Delacroix, Jeune fille assise dans un cimetière

Delacroix, La Grèce sur les ruines de Missolonghi

Delacroixesquisse

Delacroix, esquisse pour Les massacres de Scio

accueilNerval accueilTrinite accueilcollages accueiloeil