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SYLVIE LÉCUYER site de création & de recherche
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mise à jour 15/04/10
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1922-1923, au Conservatoire de Paris, la classe Isnardon
1923, débuts sur scène entre deux concours
fin 1923, printemps 1924, galas mondains et "randonnée musicale" en Corse avec Micheletti
juillet 1924, 1er prix d'opéra, démission de J. Isnardon, émission au poste TSF du Petit Parisien
octobre 1924, engagement à l'Opéra de Paris: Faust, sous la direction de Gabriel Grovlez
1925, saison de galas et concerts
janvier 1926, un mois au Théâtre de Nîmes-Montpellier, Faust, Hérodiade et Lohengrin avec Fontaine et Vezzani
saison 1927, concerts en province et à Paris avec Gil Graven et Ch. Goetz
engagement au Théâtre Royal de Liège pour la saison 1927-1928, programmation écrasante:
Hérodiade en soirée de gala à Liège avec le ténor Ansseau
Paillasse et Cavalleria à Liège avec Lafuente
Manon en soirée de gala à Liège
novembre-décembre 1927, Paillasse et Cavalleria avec Lafuente
En novembre 1927, le Théâtre de Liège donne plusieurs représentations de Paillasse, associé au Grand Mogol ou à Rêve de valse. En décembre, c’est le ténor Lafuente qui vient tenir le rôle de Paillasse. Jeanne tient le rôle de Nedda. Elle chante également Santuzza dans Cavalleria, toujours aux côtés de Lafuente qui tient le rôle de Turridu.
PAILLASSE
"Le drame lyrique de Leoncavallo fut bien rendu malgré la difficulté résultant du fait que la plupart des interprètes abordaient leur rôle pour la première fois.
M. Stefanesco de son organe généreux et bien timbré enleva brillamment le prologue et réalisa par la suite un Tonio scéniquement très satisfaisant.
M. Gérard s’affirma chanteur de bonne école ; le rôle est toutefois à étudier, car nous avons remarqué des attitudes scéniques très hésitantes.
C’est Mme Lécuyer qui incarnait Nedda. Ce fut la réalisation la plus intéressante de la soirée. L’artiste y fit valoir un organe grandement appréciable et nul doute qu’après quelques représentations, elle ne devienne une interprète dont l’auteur lui-même n’aurait qu’à se louer" (...)
PAILLASSE (L’Express)
"Le programme de dimanche, copieux assurément, comprenait Le Grand Mogol dont nous avons déjà parlé, avec Paillasse en lever de rideau. Trois premiers sujets de notre troupe d’opéra ont été voués à l’interprétation de l’œuvre de Leoncavallo.
Dans le fameux prologue, M. Stefanesco nous a généreusement prodigué ses rares dons vocaux ; un peu plus de cette chaleur romantique de l’œuvre n’eût pas été hors de mise cependant.
M. Gérard a fait savourer les richesses de sa voix, jointe à la science parfaite du chanteur. Le comédien doit, évidemment, prendre de la planche, mais comme la bonne volonté est abondante, ça lui viendra rapidement. MM. Stefanesco et Gérard ont été bissés.
Mme Lécuyer a fait de louables efforts pour s’animer ; elle n’y a certes pas réussi du premier coup, mais la persévérance a été faite pour s’en servir.
M. Rod est un Arlequin consciencieux comme il l’est toujours, et M. Baldy un Silvio très suffisant.
C’est M. Gaillard qui a guidé, avec sa sûreté habituelle, l’orchestre et les pas des débutants."
PAILLASSE (Gazette de Liège)
"Grande foule dimanche en soirée au Royal... Il est vrai que la foire amène un contingent sérieux de spectateurs.
La première partie du programme comportait Paillasse, deux actes de Leoncavallo, avec la distribution suivante : Nedda : Mme Lécuyer, Canio : M. Gérard, Tonio : M. Stefanesco, Sylvio : M. Baldy, Beppe : M. Rode.
On se demande comment cette œuvre fait partie de tous les répertoires courants plutôt que d’autres de la même époque qui lui sont supérieures. Car, il faut bien l’avouer, il y a pas mal de passages dans cette partition qui « font commun » pour employer une expression de modiste. Il est vrai qu’il y a à côté quelques « airs » qui ont grande allure.
M. Stefanesco eut l’occasion de donner toute l’ampleur de sa voix chaude et bien posée dans le Prologue qui fut bissé . Un peu discret de gestes dans cette première partie, il fut bon comédien - c’est le cas de le dire - dans les deux actes.
Mme Lécuyer conduisit sa voix avec énormément d’aisance. Sa mimique s’est remarquablement améliorée, mais qu’elle ne craigne pas de mettre trop de passion dans ses rôles."
AU ROYAL – PAILLASSE – RÊVE DE VALSE (Journal de Liège)
"En dépit d’une magnifique journée, il y avait beaucoup de monde, mardi soir, pour applaudir Paillasse et Rêve de Valse.
Sous la brillante direction de M. Fr. Gaillard, les interprètes de Paillasse enlevèrent leur rôle avec brio et obtinrent un vif succès. Citons le Prologue, qui fut chanté avec une grande autorité par M. Stefanesco, qui s’affirme chaque jour un artiste d’un brillant avenir.
La jolie voix de M. Gérard produisit la plus avantageuse impression. Elle possède la fraîcheur de la jeunesse, le charme du timbre, la diction claire et aussi la distinction d’une école du chant parfaitement disciplinée. D’ailleurs, le public fit un gros succès à l’excellent ténor à la fin du premier acte, passage dans lequel il mit une véritable émotion.
Mlle Lécuyer fit également valoir de précieux dons vocaux dans le rôle de Nedda, quelle joua et chanta en artiste. Son organe, au timbre distingué, a de l’aisance et de la distinction et son jeu est tout à fait gracieux" (...)
AU THÉÂTRE ROYAL
"Nous devons à la vérité de reconnaître que cette semaine nous avons eu deux spectacles plus intéressants que d’ordinaire et dont il y a lieu de savoir gré à la direction. La représentation du Trouvère souleva dimanche soir l’enthousiasme de l’auditoire, grâce au ténor M. Lafuente, dont le succès personnel fut très marquant dans le rôle de Manrick. Il se montra d’ailleurs tout aussi brillant mardi dans Cavalleria et Paillasse. Cet artiste avait déjà conquis des lauriers sur notre scène, laissant à Liège le meilleur des souvenirs. Il nous est revenu et a retrouvé d’emblée les faveurs du public liégeois. Bien qu’il possède un organe aussi agréable de timbre qu’appréciable d’étendue, qui lui permit de lancer par quatre fois et de pleine poitrine, les dangereuses notes haut perchées auxquelles les amateurs avertis s’attendent du ténor dans le Trouvère, je préfère encore, en cet artiste, le comédien au chanteur. Soulignons la façon particulièrement impressionnante avec laquelle il rendit le lamento de Paillasse. Le brio de son jeu dépasse encore sa brillante technique du chant.
Des interprètes appartenant à la troupe sédentaire, il convient de complimenter plus spécialement Mlle Lécuyer qui, dans Santuzza, ainsi que dans Nedda, marqua de sérieux progrès d’autant plus méritoires que cette chanteuse est sur la brèche depuis le début, assurant aussi bien l’emploi de demi-caractère que celui de soprano dramatique, dont elle se tire tout à son avantage. Tous ses rôles, elle les défend avec une grande adresse tant scénique que vocale. Incontestablement, Mlle Lécuyer progresse sensiblement et nous l’en félicitons bien sincèrement.
On peut en dire autant du baryton Stefanesco qui, nous l’avons dit et répété, possède une voix d’or lui donnant droit à tous les espoirs. Le comédien s’applique toujours à mieux, bien qu’il doive surveiller, encore davantage, ses attitudes, sa démarche" (...)
photo dédicacée de Lafuente: "A ma gentille Santuzza et Nedda au Théâtre Royal de Liège, Mademoiselle Lécuyer avec toute mon admiration et estime, Lafuente, Liège, 13 XII 1927"